6th jan 2026
LIFE IN BILLY-BERCLAU DOUVRIN

Dominique Bougard, Monsieur Planification de BBD2, vit une course contre la montre

Dominique Bougard a rejoint ACC en avril 2023.

Dominique Bougard est chargé de la planification du chantier de construction et d’équipement de BBD2, le deuxième bloc de la Gigafactory ACC de Billy-Berclau Douvrin. Il décrit son quotidien, particulièrement exigeant, qui nécessite une agilité hors pair.

En quoi consiste ton rôle de planificateur de BBD2 ?

Je travaille à la planification et à la coordination building/process. J’ai une équipe de planificateurs process, plus la planification connexe : les services utilités, IT, supply, qualité. On travaille avec Quentin Barruel, à Bruges, le manager de la partie building, et son équipe support. Ma fonction exacte, c'est de coordonner le building et le process, et d'intervenir pour arbitrer par rapport aux besoins du planning final. S'il y a deux activités qui doivent se faire en même temps et qu’il y a à choisir entre telle ou telle, je vais dire celle qui va être prioritaire pour le projet global, pour notre client final, donc arbitrer.

Comment cela s’articule-t-il ?

Ce sont des réunions avec les directeurs de projet qui nous donnent des priorités. On doit s'aligner sur cette priorité et on se fixe une date cible, on fait le maximum pour tenir cette cible et ce délai.

C'est quasiment une course contre la montre ?

Exactement, c’est un chrono permanent et le plus  amusant c'est que c'est un chrono qu'on a écrit nous-mêmes, c'est-à-dire qu’on sait où on va. Ca fait bientôt 3 ans que je suis chez ACC et que j'ai en charge le planning de BBD2. A l'origine, j'étais seul sur le planning de BBD2 avec les équipes support de Bruges. On a avancé, on a créé des standards, le master schedule que l'on connaît pour BBD2. Et depuis qu'on a écrit ce standard, on le déroule et on le met en place sur le chantier.

Comment devient-on planificateur dans la première Gigafactory en France ?

J'ai été pendant quinze ans directeur de site en logistique. Donc avec une vie intenable, des voyages, des allers-retours un peu partout. J'ai voulu me calmer un peu sur la gestion du personnel parce que je considérais que le management était le plus difficile.  J'ai choisi de bifurquer pour devenir chef de projet dans la logistique. Et par un concours de circonstances, j’ai changé de travail. On m'a proposé deux projets à l'époque : un projet pour mettre en place des logiciels d'un côté, et ACC. Monter la première Gigafactory, le challenge est beau ! Cette ligne sur le CV, je ne la trouverai jamais ailleurs. Le challenge allait me faire plaisir. J'ai toujours adoré travailler sous pression, avec des enjeux qui partent dans tous les sens, donc je me fais plaisir au quotidien à gérer des sujets différents.

Dominique a travaillé dans la logistique avant de rejoindre ACC.

C’est quoi ta journée type ?

Mon quotidien, c'est selon l'alerte du moment. Il y a un problème ? On va voir les équipes pour trouver comment on peut corriger, quelles solutions temporaires on peut mettre en place. Je vais voir les différentes personnes utiles, déployer la suite le plus rapidement possible pour donner un plan d’action, une nouvelle chronologie, aller auprès des équipes. Selon l’urgence du jour, c’est une adaptation en permanence. On essaye de planifier sur le temps le plus long possible, mais on doit réagir parfois du jour pour le lendemain en fonction des retards. On met en place nos indicateurs, on les suit, on sait où on en est dans notre avancement.

C’est aussi de l’amélioration permanente ?

J'ai le droit de faire une erreur une fois. Si je la fais une deuxième fois, ce n’est plus une erreur, c'est une faute. Je suis arrivé en avril 2023. J’ai fait la première semaine avec Mehdi Zouhir, planificateur de BBD1.  On a travaillé ensemble, on a regardé ce qui était à faire. Après, j’ai eu de la chance, il faut le reconnaître. J'étais au milieu du bureau de planification de BBD1. Donc, au moment où je préparais mon planning, j'ai déjà commencé à écouter un peu toutes les alertes. Et je commençais à mettre mes jalons en me disant ce qu’il fallait surveiller et comment travailler pour aligner le chantier de BBD2.

 

En novembre 2024, tu recevais les premiers containers de machines. C’était un jalon important ou un détail ?

C’était un jalon important qui me stressait un peu parce que c'était le début de l'installation. Il y avait un an et demi d’écriture de tout ce qui allait nous arriver. A ce moment, je savais que ça allait être le rush : Je me suis dit : « ça y est, ça va se mettre en place et on va vérifier que tout ce qu'on a écrit fonctionne. » Les premiers conteneurs arrivés, c'était notre ligne de coating. On a mis 8 semaines pour installer la première série de fours de coating. La dernière série a été faite en cinq semaines.  On s'améliore avec le temps et on adapte au fur à mesure. Je tire mon chapeau à mes équipes qui travaillent de manière exemplaire.

Quel regard tu portes sur tout ce qui a été réalisé ? Comment vis-tu cette période ?

Quand je suis arrivé pour BBD2, on avait commencé le pré-travail des sols. On n'avait pas encore tout aligné. J'ai les premières photos lorsque je suis arrivé sur le chantier. Quand je vois maintenant toutes les salles construites... En quasiment un an et un mois, on a mis en place toutes nos salles blanches et toutes nos salles blanches sont prêtes à accueillir le matériel. C'est une vraie réussite et je ne  regrette pas du tout. C'est un très beau projet que l’on voit qu’une fois dans sa vie. Je m'éclate au quotidien parce que pas une seule journée ne ressemble à une autre. Ça ne s'arrête jamais et tous les jours il y a un nouveau sujet.