16th fév 2026
PRESS RELEASE

Communiqué - C’est ensemble, puissance publique et innovateurs privés que nous réussirons

Titre communiqué - C’est ensemble, puissance publique et innovateurs privés que nous réussirons.

Nul ne peut douter du caractère inéluctable de la bascule en cours vers l’électrique. Ni de son importance pour décarboner les mobilités individuelles, à l’heure où la planète ne cesse de nous envoyer des signaux d’alarme. Preuve de l’irréversibilité de ce mouvement, les freins à l’électrification des véhicules se lèvent un à un. Lentement, mais sûrement : infrastructures de charge, prix à l’achat grâce notamment à des politiques ciblées (consommateurs à faibles revenus via le leasing social, flottes d’entreprises, etc.), visibilité sur les normes européennes…

 

Le futur de l’automobile est donc électrique. Mais une question cruciale demeure : qui va fabriquer les batteries des voitures européennes ? Les acteurs asiatiques, et notamment les géants chinois, comme c’est déjà le cas pour 99% d’entre-elles ? Au risque de remettre l’indépendance stratégique des constructeurs automobiles européens dans les seules mains de BYD, CATL, LG, etc. ? Les 2300 salariés d’ACC se battent quotidiennement depuis plus de 5 ans maintenant pour montrer que des alternatives existent. Que concevoir et fabriquer des batteries « made in Europe », c’est possible. Sans arrogance. Avec une résilience qui force le respect. Et en ayant parfaitement conscience des immenses challenges qu’il reste à relever pour inscrire la jeune filière européenne des batteries dans la durée. A ces 2300 femmes et hommes qui portent haut les couleurs d’ACC, je veux redire ma fierté pour le chemin parcouru, tout comme je veux réaffirmer ma confiance dans notre capacité à continuer à avancer (comme depuis le premier jour), contre vents et marées.

 

  • Oui, la montée en cadence de notre Gigafactory des Hauts-de-France est plus longue et plus coûteuse qu’imaginé, et fragilise notre assise financière. Mais nous sommes trop proches du but pour renoncer maintenant. Plusieurs milliers de véhicules Peugeot, Opel, DS (pour ne citer que ces marques) sont déjà équipés de batteries ACC, unanimement reconnues comme étant à la pointe de la technologie. De nos lignes de production sortent actuellement 2 fois plus de modules qu’il y a 2 mois. Nos taux de rebuts, le nerf de la guerre de cette industrie, ne cessent de diminuer grâce aux multiples actions déployées et aux ressources internes et externes mobilisées.
  • Oui, le marché du véhicule électrique continue de croître, mais moins rapidement que prévu. Conséquence : les constructeurs automobiles européens (dont nos 2 clients Stellantis et Mercedes) souffrent des fortes incertitudes qui planent sur ce même marché, rendu instable du fait de la féroce concurrence chinoise. L’électrification de leurs gammes se poursuit, mais le très fort volontarisme des années 2023 à mi-2025 a laissé place à une certaine forme de pragmatisme voire de prudence de leur part. Cette réalité s’impose à nous et nous impacte. Elle se traduit par une fébrilité de nos clients, et donc par un retard dans la concrétisation de nouveaux projets de moyen / long terme. Résultat, une partie d’ACC vit au rythme intense de la montée en cadence précédemment évoquée, c’est-à-dire de la production de masse de batteries d’ores et déjà développés et mis au point par « l’amont » de l’entreprise. Pendant que l’autre partie d’ACC, « l’amont » justement, composé des équipes basées à Bordeaux-Bruges et à Nersac, subit une baisse d’activité proportionnelle au décalage dans le temps de notre portefeuille de futurs produits. Une baisse que nous savons ponctuelle, mais qui nécessite l’adoption de mesures de circonstance, comme peut par exemple l’être le recours au chômage partiel.

  • Oui, nous contribuons à construire une filière européenne, en privilégiant les approvisionnements au sein de l’Union européenne et en France à chaque fois que cela est possible.

  • Oui, s’engager à construire des nouvelles Gigafactories en Allemagne ou en Italie, serait totalement irresponsable dans un tel contexte. Alors même que nous savons avec certitude que de nouvelles usines ne seront pas « chargées » en nouveaux produits avant des années. C’est le sens de l’ouverture récente d’un dialogue constructif avec les équipes allemandes et italiennes d’ACC, en vue de travailler sur les modalités d'arrêt éventuel de nos projets de Kaiserslautern et de Termoli.

 

A force de répéter que la filière européenne des batteries est à un tournant de sa jeune histoire… c’est désormais le cas. En septembre 2024, le rapport Draghi avait déjà rappelé aux Européens que réindustrialiser, c’est d’abord investir massivement dans les secteurs stratégiques. 18 mois après ce diagnostic, la Boussole pour la compétitivité (Competitiveness Compass), traduction politique centrale de ce rapport par la Commission von der Leyen II, n’est toujours qu’un cadre d’orientation. Il y a urgence à agir pour qu’il devienne un instrument financier massif à la hauteur des 750–800 Md€/an comme le préconisait l’ancien banquier central.

 

C’est ensemble, puissance publique et innovateurs privés que nous réussirons.